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Allergies estivales du chien et du chat : votre conseil sans et avec ordonnance
Vet'Expert
Les allergies estivales sont une préoccupation croissante en officine dès le mois de mai et tout au long de l'été. Principalement déclenchées par les pollens de graminées, les acariens, les moisissures et les piqûres d'insectes, elles touchent au moins 10 % des chiens et 2 % des chats en France.
Les signes cliniques apparaissent le plus souvent entre 1 et 3 ans, ce qui correspond à la fenêtre de sensibilisation immunitaire. Certaines races canines présentent une prédisposition génétique bien documentée : le Labrador Retriever, le Golden Retriever, le West Highland White Terrier, le Bouledogue Français, le Boxer, le Cocker Spaniel et le Berger Allemand figurent parmi les plus touchés. Chez le chat, aucune race n'est clairement prédisposée, mais les chats à poil court semblent légèrement surreprésentés dans les études épidémiologiques.
Les principales allergies du chien
- La dermatite allergique par piqûres de puces (DAPP) est la grande cause d'allergie estivale, c'est la vedette pour laquelle les pharmacies doivent avoir une démarche rationnelle et systématique que toute l'équipe doit maîtriser. Quelques piqûres de puce suffisent à déclencher une réaction chez un sujet sensibilisé. Les lésions se concentrent en région dorso-lombaire, à la base de la queue et sur l'abdomen.
- La dermatite atopique canine est la deuxième cause d'affection allergique la plus fréquente. Au comptoir, le propriétaire rappporte : un prurit chronique ou saisonnier, des léchages obsessionnels des pattes (coloration rousse du pelage caractéristique), des frottements du museau, des rougeurs dans les plis et des otites récurrentes. Elle est liée à une hypersensibilité aux allergènes environnementaux — pollens, acariens domestiques, moisissures — et représente un terrain propice aux surinfections bactériennes à Staphylococcus pseudintermedius et fongiques à Malassezia.
- L'allergie alimentaire peut coexister avec une allergie environnementale et compliquer le tableau clinique. Elle ne présente pas de saisonnalité franche mais peut s'aggraver en été en raison de l'inflammation cutanée de fond. C'est sans doute une des allergies les plus complexes à diagnostiquer. Et le premier réflexe qui consiste à l'incriminer au premier rang n'est souvent pas le bon.
Les principales allergies du chat
Chez le chat, les allergies se présentent sous des formes souvent différentes de celles du chien. Le complexe granulome éosinophilique — plaques éosinophiliques, ulcères indolents de la lèvre, granulomes linéaires — est l'une des manifestations cutanées allergiques les plus typiques de l'espèce. La dermatite miliaire (petites croûtes disséminées sur le dos) est un autre tableau fréquent. Le prurit facial et cervical, avec automutilation, est également caractéristique. La DAPP existe aussi chez le chat, avec des lésions en région postérieure. Les signes respiratoires — toux chronique, bronchite asthmatiforme — sont plus fréquents que chez le chien et méritent une attention particulière en contexte pollinique.
Hypothèses diagnostiques et actions thérapeutiques
Lorsque le propriétaire vient parler de son animal victime de prurit estival, vous devez avoir en tête les principales hypothèses diagnostiques avec un plan précis :
1) Agir immédiatement pour que l'animal ne se mutile pas et pour si possible bloquer le démarrage de la réaction allergique. À ce stade, vous pouvez parfois agir sur la cause, mais vous devez toujours essayer de réduire le symptôme principal : c'est-à-dire les démangeaisons. La désinfection des lésions doit aussi être prise en charge.
2) Orienter le propriétaire vers le vétérinaire si nécessaire. Notez que certaines affections parasitaires nécessitent un diagnostic vétérinaire et des traitements spécifiques qui ne relèvent pas du conseil officinal : gale sarcoptique (très prurigineuse, contagieuse à l'humain), démodécie, dermatophytose (teigne, potentiellement zoonotique), otacariose, pyodermite, et hypothyroïdie (fréquente chez le chien avec signes cutanés).
Avoir un libre-accès bien achalandé et un approvisionnement rapide permet à l'officine de répondre sans délai à la fois au conseil et aux renouvellement d'ordonnances vétérinaires afin de fidéliser une clientèle propriétaire d'animaux, segment en forte croissance en pharmacie.
Conseils clients : méthode ACF
Employez notre méthode ACF : Analyse, Conseil, Finalisation.
1) Analyse : les questions clés à poser
Quel animal est concerné, et quel est son âge ? Un chiot ou un chaton de moins de 3 mois, une femelle gestante ou allaitante, ou un animal très âgé orientent vers une consultation vétérinaire prioritaire plutôt que vers l'automédication. Quels sont les symptômes exacts, et depuis combien de temps ? Un prurit apparu il y a 48 heures après une sortie en zone herbeuse n'a pas la même urgence qu'une otite récidivante depuis plusieurs semaines. L'animal a-t-il déjà présenté ces symptômes par le passé, notamment l'été dernier ? Un épisode répété et connu du propriétaire est plus facilement gérable en conseil officinal. L'animal a-t-il reçu un traitement antiparasitaire récent ? Si la protection antipuce n'est pas à jour, c'est la priorité absolue avant tout autre traitement. Y a-t-il des signes d'alarme — difficultés respiratoires, enflure du visage, abattement, anorexie, fièvre ? Ces signes imposent une orientation vétérinaire immédiate.
2) Conseil — les produits sans ordonnance adaptés
- Les shampoings thérapeutiques complété par les sprays constituent un conseil majeur. Rappeler au client le temps de contact de 5 à 10 minutes minimum et la fréquence d'attaque de 2 shampoings au moins par semaine.
- Les compléments alimentaires riches en acides gras oméga-3 et oméga-6 (EPA/DHA issus d'huiles de poisson) renforcent la barrière lipidique cutanée et réduisent l'inflammation de fond. Proposer en cure de fond sur 4 à 8 semaines.
- Les comprimés anti-démangeaisons sans ordonnance.
En complément et seulement si nécessaires en l'absence de produits vétérinaires équivalents sans ordonnance.
- Les antihistaminiques oraux humains : La cétirizine est la molécule de référence, à la posologie indicative de 5 à 10 mg pour un chien de 10 kg une fois par jour. La loratadine et la desloratadine sont également utilisables. La dexchlorphéniramine (Polaramine), antihistaminique de première génération, est plus sédative mais peut être utile en cas de prurit nocturne intense. Chez le chat, l'utilisation des antihistaminiques humains est plus délicate en raison de la sensibilité particulière de l'espèce à certains.
- Les collyres antiallergiques sont indiqués en cas de conjonctivite allergique légère.
- Les crèmes à l'hydrocortisone à faible concentration peuvent calmer une réaction cutanée localisée. Application sur une zone limitée, port de la collerette impératif pour éviter le léchage.
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3) Finalisation : clôturez le conseil efficacement
• Récap : modalités d'administration précises (posologie au poids, fréquence, durée). Insistez sur la collerette en cas d'application cutanée.
• Ventes associées : antiparasitaire si non à jour, shampoing thérapeutique, complément oméga-3.
• Recours au vétérinaire : fixez un délai d'évaluation, si aucune amélioration sous 5 à 7 jours de traitement bien conduit, consultation vétérinaire impérative. Indiquez systématiquement en fin de conseil l'adresse du site zepetcoach.com pour une téléconseil vétérinaire rapide si besoin.
Produits à tenir en stock
1) Sans ordonnance vétérinaires en priorité
• Comprimés anti-démangeaisons (sans corticoïdes) : Calmocanil Tabs, Urticalm...
• Shampoings thérapeutiques anti-démangeaisons : Calmocanil, Shampoing apaisant Biocanina, Dermacare Beaphar, Dermoscent Atop7, Allermyl Virbac, Allercalm Virbac, Douxo Calm, Dermoscent Essential 6...
• Lotions anti-démangeaisons : Caniderma, Calmocanil spray, Prurispray, lait anti-démangeaisons Béaphar, Vétoform Soin-anti-démangeaisons…
• Compléments alimentaires à base d'oméga-3 spécial peau : Vetoform pelage et peau, petphos pelage, NutriDerm...
2) Sans ordonnance humains OTC
• Antihistaminiques oraux humains en format adapté : cétirizine 10 mg (Zyrtec, Cétirizine Biogaran), loratadine 10 mg (Clarityne, Loratadine Mylan), desloratadine solution buvable (Aerius 0,5 mg/mL), dexchlorphéniramine (Polaramine)
• Collyres anti-allergiques humains : Allergodil, Cromabak, Zaditen ophtalmique, Naabak — répondent aux demandes pour signes oculaires.
Crèmes à l'hydrocortisone humains : Hydrocortisone Cristers 0,5 %, Onctose hydrocortisone, Aphilan, Dermacortine...
3) Sur ordonnance vétérinaire
• Dermocorticoïdes : Cortanmycétine (antibio), Cortavance, Predniderm (antibio)…
• Corticoïdes oraux : Dermipred 5,10, 20 mg, Dermatt, …
• Inhibiteur sélectif des Janus kinases (JAK), anti-démangeaisons ciblés : Apoquel, Zenrelia, Numelvi
• Ciclosporine : Atopica, Cyclavance, Modulis …
• Anticorps monoclonal caninisé injectable : Cytopoint®e (lokivetmab). Une injection assure un contrôle de 4 à 8 semaines.
• Antibiotiques (céfalexine) : Biocefavet, Cefabactin, Cefaseptin, Cephicare, Rilexine, Therios …
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