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Hypertypes canins et félins : vers un durcissement législatif
Régulièrement sollicité au comptoir pour des soins dermatologiques, respiratoires ou oculaires chez des races très sélectionnées, le pharmacien d'officine est en première ligne face aux conséquences des hypertypes. Une proposition de loi (PPL) récemment déposée au Sénat entend encadrer strictement ces dérives génétiques au nom du bien-être animal.
Une sélection morphologique extrême aux lourdes conséquences cliniques
L’hypertype désigne l'accentuation exagérée de caractéristiques physiques recherchées chez certaines races (museau ultra-court, plis cutanés massifs, peau plissée, miniaturisation ou nanisme, morphologie articulaire anormale).
En pratique officinale, ces particularités se traduisent par une prise en charge thérapeutique fréquente :
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Syndrome brachycéphale : Insuffisance respiratoire chronique, intolérance à l'effort et à la chaleur, troubles digestifs réflexes chez les Bouledogues, Carlins ou Persans.
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Affections cutanées et oculaires : Intertrigo et pyodermites récidivantes au niveau des plis de la face, kératites et ulcères cornéens d'exposition.
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Troubles ostéo-articulaires : Dysplasies sévères de la hanche ou du coude, hernies discales et boiteries précoces chez les grandes races ou les chiens longilignes.
Ce que prévoit la proposition de loi
Déposée par le sénateur Daniel Salmon (EELV) et soutenue par l'association Animal Cross, cette proposition de loi vise à s'aligner sur la réglementation de plusieurs pays européens (tels que les Pays-Bas ou le Royaume-Uni) :
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Un objectif à 10 ans : Interdire à terme la reproduction, l'élevage et la commercialisation des animaux présentant un hypertype associé à des pathologies délétères.
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Un certificat d’aptitude à la reproduction : Ce document serait délivré exclusivement par les vétérinaires, garantissant que seuls les reproducteurs exempts de tares morphologiques handicapantes puissent engendrer des portées.
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Combler un vide juridique : Si le Code rural (art. R.214-23) prohibe déjà théoriquement la sélection compromettant la santé des animaux, le manque de critères précis rendait ce texte inopérant.
Le rôle de conseil du pharmacien au comptoir
Face à un parc estimé à plus de 600 000 chiens et plusieurs dizaines de milliers de chats concernés en France, l'officine conserve un rôle d'accompagnement et de pédagogie clé :
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Sensibiliser les futurs acquéreurs : Informer les propriétaires sur les contraintes médicales réelles et chroniques liées à ces conformations extrêmes, souvent méconnues au moment du coup de cœur.
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Adapter l'hygiène et les soins : Conseiller les nettoyants oculaires, solutions antiseptiques pour plis cutanés et compléments chondroprotecteurs adaptés.
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Alerter sur les risques aigus : Rappeler la vulnérabilité extrême de ces animaux face aux coups de chaleur estivaux ou aux efforts prolongés.
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