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ANPVO : réunion de mobilisation pour la pharmacie vétérinaire
Le 28 avril 2026, l'Association Nationale de la Pharmacie Vétérinaire d’Officine (ANPVO) réunissait ses membres et représentants pour faire le point sur un secteur en pleine mutation réglementaire. Compte rendu des échanges.
L'ANPVO tenait le 28 avril 2026 une réunion plénière en format hybride (présentiel et visioconférence), présidée par Jacky Maillet. Étaient présents notamment B. Galan, Président du CCA de l'Ordre des pharmaciens, invité d'honneur de la séance, aux côtés de C. Bui-Boucher, L.H. Pagnat, F. Ternaux, N. Lang (Directeur général du groupe Neftys), J.L. Hernandez, P. Obadia (Vétofficine), P.O. Variot, J.F. Guillerm, ainsi que C. Boullot, M. Devillers, M.J. Augé Caumon, L. Cerminara en visioconférence. G. Barral, C. Tixidre et P. Kermorgant étaient excusés.
Instance créée en 2008 à l'initiative de l'ensemble des organisations professionnelles pharmaceutiques — Ordre, syndicats, APR, grossistes et laboratoire Pierre Fabre —, l'ANPVO poursuit un triple objectif : faire respecter la réglementation par tous les ayants droit, valoriser le rôle du pharmacien dans la chaîne de distribution du médicament vétérinaire, et inciter les confrères à s'investir dans ce domaine.
La réunion du 28 avril a été l'occasion d'un tour d'horizon complet : état du marché, lacunes réglementaires, contrôles en cours dans les officines, vente en ligne, libre choix du dispensateur et présentation du groupe Neftys. Vétofficine vous restitue ici les principaux points abordés.
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Médicaments vétérinaires en officine : un marché à fort potentiel encore sous-exploité
Avec seulement 5,8 % de parts de marché, les pharmaciens d'officine restent largement en dessous de leur potentiel sur le marché du médicament vétérinaire. Les chiffres et arguments présentés lors de la réunion ANPVO du 28 avril donnent pourtant des raisons d'agir.
Le marché français du médicament vétérinaire représentait en 2022 un volume d'affaires de 1,573 milliard d'euros HT au prix d'achat grossiste, selon les dernières données officielles de l'AIEMV. Ce marché se répartit entre animaux de rente (34 %), animaux de compagnie et équidés (55 %) et pet food (11 %).
La répartition des parts de marché est éloquente : les vétérinaires — environ 8 000 structures — captent 80,29 % des ventes. Les groupements agréés (environ 160 structures significatives) en détiennent 13,34 %. Les pharmaciens, pourtant présents dans 20 000 officines réparties sur tout le territoire, ne représentent que 5,80 % du marché, quasi exclusivement sur le segment des animaux de compagnie.
Ce déséquilibre ne reflète pas la réalité du terrain. L'ANPVO rappelle que parmi les 4 millions de personnes qui fréquentent chaque jour les officines françaises, une sur deux possède un animal de compagnie. Par ailleurs, une enquête menée par l'association révèle qu'un éleveur professionnel sur trois déplore le manque de concurrence et souhaiterait pouvoir s'adresser aux pharmaciens pour obtenir les médicaments prescrits par son vétérinaire.
La progression récente confirme que le potentiel est réel : en mars 2026, les ventes de médicaments vétérinaires en officine affichent une hausse de +13 %. L'ANPVO estime qu'un objectif de 30 % de parts de marché sur le segment animaux de compagnie est « facilement atteignable » pour les pharmaciens. À titre indicatif, chaque tranche de 10 points de parts de marché supplémentaires représenterait environ 90 millions d'euros de chiffre d'affaires additionnel pour le réseau, avec 60 millions d'euros d'économies à la clé pour les consommateurs.
La demande sociétale va dans ce sens : sécurisation du médicament, lutte contre l'antibiorésistance, prévention des conflits d'intérêts, recherche de pouvoir d'achat et de concurrence sont autant de leviers qui plaident pour un engagement renforcé des officines dans la dispensation vétérinaire.
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Contrôles en officine 2026 : êtes-vous en conformité avec la réglementation vétérinaire ?
Des inspections sont actuellement menées dans les pharmacies par les vétérinaires de la Brigade Nationale des Enquêtes Vétérinaires et Phytosanitaires (BNEVP). Les manquements constatés sont nombreux et les pharmaciens doivent impérativement se mettre à niveau.
Depuis l'entrée en vigueur du règlement européen le 28 janvier 2022, de nombreuses règles nouvelles s'appliquent à la prescription, la délivrance et la détention (P/D/D) des médicaments vétérinaires. Pourtant, leur transposition effective en droit national est toujours attendue — à l'exception de l'arrêté du 1er décembre 2025 relatif à la vente en ligne, le décret P/D/D reste en suspens.
En attendant ce texte, les contrôles ont bel et bien commencé. La BNEVP inspecte les officines en 2026 sur plusieurs points précis : conditions de stockage et de présentation des médicaments vétérinaires, conditions de délivrance, exécution des ordonnances vétérinaires et délivrance des médicaments à usage humain dans le cadre de la cascade. Une pharmacie par département devrait être inspectée cette année.
Les dyfonctionnements relevés par l'ANPVO sont préoccupants. En matière de délivrance, les ordonnances mal rédigées sont très fréquentes et souvent exécutées sans correction préalable. L'ordonnancier est souvent mal tenu, voire absent. La cascade n'est pas toujours respectée. Et surtout, de nombreux médicaments soumis à prescription obligatoire sont encore fréquemment délivrés sans ordonnance : contraceptifs pour animaux de compagnie, insuline, phénobarbital, antiparasitaires externes (Bravecto, Nexgard, Credelio...), corticoïdes, certains antibiotiques à usage local comme l'Oridermyl.
Autre point d'alerte : certains médicaments soumis ou non à ordonnance sont stockés en libre accès, parfois avec le concours de laboratoires. Or, seuls les antiparasitaires externes dérogatoires et les produits d'hygiène sont éligibles à ce mode de présentation. La TVA applicable aux médicaments humains prescrits en cascade constitue également un point de vigilance : elle doit être de 20 % et non de 2,10 %, sous peine de fraude fiscale répréhensible par la DGCCRF.
L'ANPVO a élaboré une synthèse des points de vigilance sous forme d'affiche destinée au back-office des officines. Vétofficine s'associe à cette démarche et proposera d'éditer ce document dans le format le plus approprié pour le diffuser auprès des pharmaciens via les grossistes.
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Ordonnance vétérinaire : ce que le pharmacien doit vérifier avant de dispenser
La liste des mentions obligatoires sur une ordonnance vétérinaire est longue — et les lacunes sont fréquentes. Tour d'horizon des points de vigilance discutés lors de la réunion ANPVO du 28 avril, en attendant la doctrine officielle attendue de l'Ordre.
Une ordonnance vétérinaire valide doit comporter un certain nombre de mentions que le pharmacien est tenu de vérifier avant toute délivrance. La réunion du 28 avril a passé ces obligations en revue, en soulignant les difficultés pratiques auxquelles les officinaux sont confrontés au quotidien.
Sur la prescription : l'ordonnance doit mentionner un numéro unique, le nom et l'adresse du vétérinaire prescripteur avec son numéro ordinal, la date, une désignation précise de l'animal ou des animaux, les principes actifs prescrits (rarement indiqués en pratique), le nombre total de conditionnements à délivrer, et — si applicable — la mention « prescription hors AMM », la justification d'un antibiotique prescrit en préventif ou en métaphylaxie, et la précaution d'emploi personnalisée pour chaque médicament.
La question de la signature électronique a été soulevée : comment la reconnaître ? Est-elle compatible avec l'exigence de l'original de l'ordonnance ? Ces points restent à clarifier.
Sur la délivrance : l'original de l'ordonnance doit être présenté (les ordonnances reçues par mail ne sont pas recevables). Le tampon de la pharmacie, la date, les quantités délivrées et les numéros de lot des médicaments dispensés doivent figurer sur ce document. Une copie doit être conservée 5 ans. La validité d'une ordonnance est d'un an en général, mais réduite à 5 jours pour les antimicrobiens. Le délai de présentation est de 3 mois. La quantité maximale délivrable en une fois est d'un mois de traitement (3 mois maximum).
La mention « à renouveler », encore très présente sur les ordonnances pour les traitements chroniques, est désormais inopérante. Le pharmacien se retrouve ainsi dans une situation délicate : doit-il renouveler ou refuser ? De même, l'incompatibilité fréquente entre la quantité prescrite, la durée de traitement et le nombre de boîtes nécessaires crée une incertitude persistante.
B. Galan a indiqué qu'une réunion entre le CCA de l'Ordre des pharmaciens et la BNEVP est programmée début mai 2026. Elle devrait permettre d'établir une doctrine officielle sur ces points sensibles. Il s'est engagé à restituer les conclusions de cette rencontre.
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Registres vétérinaires : entrées, sorties, stocks — ce que la réglementation impose désormais
La tenue des registres vétérinaires est une obligation réglementaire mal connue des pharmaciens. Le point sur les mentions requises et les difficultés pratiques liées aux logiciels de gestion d'officine.
Le règlement européen introduit un registre des entrées pour les médicaments vétérinaires. Ce registre doit mentionner les coordonnées du fournisseur, la date d'entrée, le nom du médicament, sa forme pharmaceutique et son dosage, le numéro de lot, la quantité reçue, et le numéro d'AMM. Ce dernier point pose un problème concret : les grossistes ne fournissent pas le numéro d'AMM sur leurs documents. Une alternative au registre papier est toutefois prévue : la BDL (Bon de Livraison) ou les factures peuvent en tenir lieu. Le registre doit être conservé 5 ans.
Le registre des sorties — autrement dit l'ordonnancier vétérinaire — doit quant à lui comporter la date de délivrance, le nom et l'adresse du prescripteur avec son numéro ordinal, un numéro chronologique infalsifiable, le nom et l'adresse du détenteur de l'animal, la désignation des médicaments dispensés, la quantité délivrée, la mention « remis par... », la mention « usage professionnel » le cas échéant, le numéro de lot et le numéro d'AMM. Ce registre doit être conservé 10 ans.
Or, les logiciels de gestion d'officine (LGO) ne prévoient généralement pas les champs numéro de lot et numéro d'AMM. Les éditeurs refusent pour l'heure d'intégrer ces fonctionnalités, laissant les pharmaciens dans l'impossibilité pratique de respecter pleinement ces obligations.
Enfin, un registre de tenue de stock est requis : une balance doit être réalisée au moins une fois par an et les écarts de stock justifiés. Ce registre est à conserver 5 ans. Il est, selon l'ANPVO, généralement inconnu des pharmaciens et donc jamais tenu.
Sur les conditions de stockage, les exigences sont claires : chaîne du froid entre +2°C et +8°C avec traçabilité des relevés (attention au réfrigérateur alimentaire), stockage entre +15°C et +25°C pour les autres médicaments. Les médicaments soumis à prescription doivent être hors de la vue du public ; seuls les antiparasitaires externes dérogatoires et les produits d'hygiène peuvent être en libre accès. L'ANPVO note que ces règles de stockage ne sont généralement pas satisfaites dans les officines.
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Calypso, vente en ligne, prescription restreinte : les autres sujets clés de l'agenda réglementaire
Obligations de déclaration des antimicrobiens via Calypso, encadrement de la vente en ligne, arrêté du 16 avril 2026 sur la prescription restreinte, avis de l'Autorité de la Concurrence : tour d'horizon des actualités réglementaires abordées lors de la réunion ANPVO.
Calypso et la déclaration des antimicrobiens.
Tous les antimicrobiens — antibiotiques, antiviraux, antifongiques, antiprotozoaires — doivent être déclarés via la plateforme Calypso. Cette obligation s'applique aux pharmaciens depuis 2017 pour les antibiotiques, et depuis janvier 2022 pour l'ensemble des antimicrobiens. Le bilan est cependant très préoccupant : seulement 25 % des vétérinaires et environ 5 % des pharmaciens satisfont à cette obligation.
Les difficultés techniques sont réelles. Les éditeurs de LGO refusent d'intégrer Calypso dans leurs logiciels, rendant la déclaration manuelle incontournable — et complexe. Des bugs persistants sur le site calypsovet.fr pénalisent les utilisateurs. Deux cas problématiques ont été identifiés : la déclaration reste impossible lorsque plusieurs antimicrobiens figurent sur une même ordonnance, et lorsque le prescripteur a déjà procédé à sa propre déclaration. Ces points méritent des réponses officielles.
Vente en ligne.
Encadrée par l'arrêté du 1er décembre 2025 (décret 2025-908 du 6 septembre 2025, décision n°2025-192), la vente en ligne de médicaments vétérinaires est désormais possible pour les pharmaciens sous conditions. La déclaration du site auprès de l'ANMV doit fournir plusieurs éléments précisés par la décision n°2025-192, et l'information du CROP doit intervenir dans les 7 jours suivant l'ouverture du site. Des points restent en suspens : la gestion des échanges personnalisés et la conservation de l'historique, ainsi que le respect de l'interdiction de sous-traitance.
Médicaments de prescription restreinte : l'arrêté du 16 avril 2026.
Un nouvel arrêté du 16 avril 2026 annule et remplace l'arrêté du 8 août 2012. De nombreux principes actifs et anti-cancéreux intègrent désormais la liste des médicaments accessibles aux vétérinaires. Toutefois, l'EPO et ses dérivés n'y figurent toujours pas, alors que leur prescription et leur dispensation restent fréquentes. L'ANPVO rappelle que tous les médicaments de prescription restreinte ne sont pas délivrables par les pharmaciens (médicaments réservés à l'usage hospitalier, soumis à prescription hospitalière ou à surveillance particulière, ou antimicrobiens à usage humain interdits en médecine vétérinaire). Par ailleurs, tout médicament absent de la liste de l'arrêté du 16 avril ne peut légalement être prescrit par un vétérinaire.
Avis de l'Autorité de la Concurrence (octobre 2025).
L'ADLC a rendu en octobre 2025 un avis relatif notamment à la fixation des prix des médicaments vétérinaires. Elle annonce une surveillance renforcée de la montée en puissance des réseaux de cliniques vétérinaires dits « corporates », estimant que le risque d'affaiblissement de la concurrence et de hausse substantielle des prix n'est pas négligeable. L'autorité pointe également la mise en danger de l'indépendance des vétérinaires membres de ces réseaux. Sur la question des RFA sur les médicaments, l'ADLC estime que leur limitation ou interdiction ne constitue « pas une solution souhaitable, ni même efficace ».
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Libre choix du dispensateur, groupements agréés et représentation professionnelle : les enjeux institutionnels en débat
La réunion ANPVO du 28 avril a également abordé des questions de fond sur la représentation des pharmaciens dans les instances régionales, les conséquences des arrêts Socavet du Conseil d'État, et le renforcement du libre choix du dispensateur dans le futur décret P/D/D.
Le libre choix du dispensateur renforcé.
Le futur décret P/D/D devrait réaffirmer et renforcer le principe du libre choix du dispensateur. La nouvelle rédaction de l'article L.5143-5 réaffirmera l'obligation de remise de l'ordonnance préalablement à la délivrance, et le principe de libre choix du pharmacien par le client. Cette chronologie prescription-délivrance est fondamentale pour garantir l'indépendance de la dispensation et le droit du patient — humain ou animal — à choisir librement son officine.
Les arrêts Socavet du Conseil d'État (23 décembre 2025).
À la suite de ces décisions, le décret P/D/D réaffirmera les 4 conditions préalables à la prescription hors examen clinique. Il précisera également la distinction entre PSE (Plan Sanitaire d'Élevage) et BSE (Bilan Sanitaire d'Élevage) : le fait qu'un éleveur accepte qu'un vétérinaire soit désigné par le groupement auquel il adhère pour son PSE ne doit pas entraver son libre choix d'un vétérinaire pour assurer le suivi sanitaire permanent de son élevage (BSE). Le libre choix du pharmacien est confirmé pour les éleveurs PSE.
Représentation des pharmaciens dans les CRP.
La dissolution de l'APR (Association de Pharmacie Rurale) crée un vide institutionnel : les pharmaciens sont désormais sous-représentés dans les Commissions Régionales de la Pharmacie (CRP), où ils siègent aux côtés des vétérinaires et des éleveurs. L'ANPVO appelle à proposer rapidement aux pouvoirs publics une alternative permettant à la profession de siéger de façon équilibrée — c'est-à-dire avec le même nombre de voix. L'exercice de la pharmacie vétérinaire par les groupements d'éleveurs, même à titre dérogatoire, concerne les pharmaciens au premier chef et justifie une présence forte dans ces instances.
Présentation du groupe Neftys.
En fin de séance, Nicolas Lang, directeur général du groupe Neftys et membre de l'ANPVO, a présenté l'organisation et le fonctionnement du groupe, illustrant la diversité des acteurs engagés dans le développement de la pharmacie vétérinaire en officine.
La prochaine réunion de l'ANPVO permettra notamment de restituer les conclusions de la réunion entre le CCA de l'Ordre et la BNEVP, prévue début mai 2026.
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Compte rendu rédigé par la rédaction de Vétofficine — Source : Compte rendu officiel de la réunion ANPVO du 28 avril 2026
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